À Mittelbronn, un ancien corps de ferme a changé de visage. Là où l’on imaginait surtout des murs, de la pierre et du travail agricole, il y a maintenant des fleurs, des insectes, des oiseaux et une énergie très rare. Le Domaine de Pia attire l’œil, mais surtout il raconte une belle histoire de nature et de patience.
Une ferme florale née d’un vrai coup de cœur
Depuis 2024, Solène Scheffler a posé ses valises à Mittelbronn avec un projet très clair en tête. Avec son compagnon Ludovic, elle a racheté un ancien corps de ferme pour y créer un lieu vivant, utile et beau. Le domaine porte le prénom de leur chienne, Pia. Cela donne déjà le ton. Ici, tout part de l’attachement, de la simplicité et d’une vraie affection pour le vivant.
Solène baigne dans les fleurs depuis l’enfance. À 5 ans déjà, elle grandit dans un univers où les bouquets, les jardins et les variétés originales occupent une grande place. Aujourd’hui encore, elle garde ce regard un peu émerveillé. Elle aime les fleurs moins classiques. Elle aime aussi laisser de la place à ce que beaucoup considèrent comme des “mauvaises herbes”. Les orties, par exemple, ne lui font pas peur.
Un lieu où la biodiversité n’est pas un mot à la mode
Au Domaine de Pia, rien n’est laissé au hasard. Solène cultive ses fleurs sans traitement chimique et privilégie des méthodes respectueuses de l’environnement. Le principe est simple. Observer avant d’agir. Laisser la nature jouer son rôle quand c’est possible. Et cela change tout.
Sur place, les coccinelles mangent les pucerons. Les hirondelles passent. Les faucons crécerelles, les tourterelles et les pics-verts ne sont pas loin. Même les chauves-souris trouvent leur place dans cet équilibre. Ce n’est pas seulement joli à regarder. C’est aussi le signe d’un écosystème qui fonctionne.
Ce genre de lieu surprend souvent. Beaucoup pensent qu’un jardin propre est un jardin sans vie. Ici, c’est presque l’inverse. Plus la nature est respectée, plus elle répond présente.
Des fleurs rares et des saisons bien marquées
Le domaine ne propose pas des fleurs ordinaires. Solène cultive des variétés françaises, choisies pour leur beauté, leur caractère et leur originalité. On y trouve selon la saison des pivoines, des dahlias, des tulipes, des roses, des narcisses et des iris. À l’automne, les dahlias et les chrysanthèmes prennent le relais. Dans les coins plus ombragés, azalées et rhododendrons viennent compléter le décor.
Parmi les variétés les plus remarquées, certaines ont vraiment fière allure. Les tulipes perroquets affichent des couleurs très vives. Les dahlias Honka ont des formes en étoile qui accrochent tout de suite le regard. Les pivoines Tenuifolia, elles, se distinguent par leur rouge écarlate. Solène en cultive une cinquantaine de variétés. Et autant de dahlias. De quoi composer des bouquets qui ne se ressemblent jamais tout à fait.
Quand la saison guide le bouquet
Le plus intéressant, c’est peut-être ça. Ici, on ne force pas les fleurs à entrer dans un calendrier artificiel. On suit le rythme des saisons. Cela donne des bouquets plus vivants, plus justes, souvent plus émouvants aussi. Un bouquet de printemps n’a pas le même souffle qu’un bouquet d’automne. Et c’est précisément ce qui fait leur charme.
Des ateliers pour cueillir, apprendre et repartir avec ses mains pleines
Le Domaine de Pia ne se contente pas de produire des fleurs. Solène veut aussi transmettre. Des ateliers sont organisés autour de son univers floral. On peut venir cueillir des fleurs, apprendre à faire un bouquet ou encore créer une couronne de l’Avent. Le geste compte autant que le résultat.
Ces moments plaisent parce qu’ils sont simples et concrets. Les visiteurs repartent avec quelque chose qu’ils ont fait eux-mêmes. Et souvent, ils regardent ensuite les fleurs autrement. Un bouquet n’est plus seulement un objet décoratif. Il devient un souvenir, une petite fierté, parfois même une façon de ralentir.
Le lieu s’adresse aussi à des besoins très différents. Mariages, anniversaires, jardinières, arrangements de tombes. Solène travaille pour des occasions heureuses comme pour des moments plus discrets. Les fleurs accompagnent la vie dans ce qu’elle a de plus lumineux, mais aussi dans ce qu’elle a de plus sensible.
Un domaine qui grandit avec ses idées
Devant la propriété, un petit kiosque en bois accueille les visiteurs. Il a été construit avec du bois de récupération. Ce détail en dit long sur l’esprit du domaine. Rien n’est clinquant. Tout cherche à rester juste, cohérent et proche de la nature.
L’ancienne étable des vaches a elle aussi trouvé une nouvelle utilité. Elle sert désormais au stockage de la production florale. Solène ne manque pas de projets pour la suite. Elle souhaite ouvrir les jardins aux visites, créer une ferme pédagogique pour les scolaires, accueillir des poules et des chèvres, installer un espace d’exposition et même ouvrir une boutique en devanture.
On sent bien qu’elle ne veut pas seulement faire pousser des fleurs. Elle veut faire pousser des envies, des échanges et des habitudes plus respectueuses du vivant. C’est sans doute ce qui rend le Domaine de Pia si attachant. On y vient pour une fleur, et l’on repart avec une autre idée de la nature.
Pourquoi ce lieu parle à autant de monde
Le succès d’un endroit comme celui-ci tient peut-être à une chose très simple. Il rassure. Il montre qu’il est possible de créer sans abîmer, de produire sans tout uniformiser, d’embellir sans trahir le sol. Dans un monde où tout va vite, cette ferme florale propose autre chose. Un tempo plus doux. Plus vrai aussi.
À Mittelbronn, le Domaine de Pia n’est pas seulement une ferme. C’est un lieu de vie, de transmission et de curiosité. Et c’est peut-être pour cela qu’on a envie d’en parler. Parce qu’au fond, voir des fleurs s’épanouir au cœur d’un ancien corps de ferme, ce n’est pas anodin. C’est même une très belle promesse.
Pour contacter les Jardins de Pia, vous pouvez appeler le 06 32 64 93 31 ou consulter leurs réseaux sociaux.










